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Hygiène & désinfection

Moisissures dans un logement : nettoyer sans danger et traiter la cause

Par l’équipe Clean TeamPublié le 18 juin 2026 7 min

Mur blanc couvert de moisissures noires

Des moisissures dans un logement se nettoient sans danger tant que la surface reste petite, que l’on se protège et que l’on ne gratte pas à sec. Mais le nettoyage ne traite que la conséquence : sans corriger l’humidité qui les nourrit, les taches reviennent. Au-delà de quelques feuilles A4 par pièce, l’ANSES recommande de passer la main à un professionnel.

Pourquoi les moisissures s’installent

Une moisissure est un champignon microscopique. Ses spores flottent en permanence dans l’air, dehors comme dedans ; elles ne germent que si elles trouvent de l’eau et un support à dégrader, du plâtre, du papier peint, un joint, du bois. La question n’est donc pas « d’où viennent les moisissures » mais « d’où vient l’eau ».

L’ARS Auvergne-Rhône-Alpes liste les causes les plus fréquentes, et on les retrouve telles quelles dans les appartements de la Côte d’Azur :

  • Un dégât des eaux ou une infiltration par la toiture, une façade, une fenêtre mal jointe.
  • Des remontées d’humidité par le sol, typiques des rez-de-chaussée et des caves des vieilles villes.
  • Des ponts thermiques : angles de murs, tableaux de fenêtres, dessous de balcon, où l’air chaud et humide se condense sur une paroi froide.
  • Une aération insuffisante combinée à des activités qui produisent de la vapeur : douches, cuisine, linge qui sèche à l’intérieur.

À Nice, les salles de bains sans fenêtre des immeubles anciens, les chambres peu chauffées en hiver et les appartements fermés plusieurs mois hors saison cumulent souvent ces facteurs. L’ANSES estime d’ailleurs que des moisissures visibles sont présentes dans 14 à 20 % des logements français selon les sources.

Ce que l’on sait des effets sur la santé

Dans son avis de 2016 sur les moisissures dans le bâti, l’ANSES considère comme établi le lien entre l’exposition aux moisissures et l’asthme chez l’enfant, ainsi qu’une association avec la rhinite allergique. Les personnes asthmatiques, allergiques, immunodéprimées et les jeunes enfants sont les plus concernés. Si un occupant présente des symptômes respiratoires, parlez-en à votre médecin ; l’ARS de votre région peut aussi être sollicitée sur les questions d’habitat.

Évaluer l’étendue avant de nettoyer

La première étape consiste à mesurer. L’ANSES propose trois niveaux de contamination, pièce par pièce, qui déterminent qui doit intervenir.

Surface visible dans la pièce Niveau Qui intervient
Moins de 0,2 m² (environ trois feuilles A4) Faible L’occupant peut nettoyer, sauf personne fragile ou malade chronique
De 0,2 à 3 m² Moyen Intervention d’un professionnel recommandée
Plus de 3 m² Fort, critère d’insalubrité Professionnel qualifié, après traitement de la cause

Additionnez toutes les taches d’une même pièce : dix petites auréoles dans les angles font vite une feuille A4. Regardez aussi derrière les meubles collés aux murs extérieurs, sous les fenêtres et au plafond de la douche. Et si les moisissures proviennent d’eaux usées, après un refoulement d’égout par exemple, l’ARS recommande de faire appel à un professionnel quelle que soit la surface.

Mur ancien marqué par l'humidité et des taches sombres
Photo : jessica rigollot / Unsplash

Nettoyer une petite surface, la méthode

Pour une contamination faible, sur un support lisse ou peint, voici comment procéder sans disperser les spores dans tout le logement.

Se protéger d’abord

L’ARS recommande des gants de ménage, une protection des vêtements, et si possible des lunettes et un masque. Un masque filtrant de type FFP2 retient mieux les particules qu’un masque chirurgical. Éloignez les enfants et les personnes fragiles de la pièce le temps de l’opération.

  1. Ouvrir la fenêtre, fermer la porte. On évacue vers l’extérieur plutôt que vers le reste du logement.
  2. Humidifier légèrement la zone avec un pulvérisateur d’eau savonneuse. Brosser ou gratter à sec projette les spores dans l’air.
  3. Laver au détergent avec une éponge ou une lavette, en travaillant de l’extérieur de la tache vers le centre pour ne pas l’étendre.
  4. Rincer à l’eau claire avec une lavette propre.
  5. Désinfecter si le support le permet : sur un carrelage, un émail ou une peinture lessivable, l’ARS indique que l’eau de Javel peut être utilisée, diluée dans de l’eau froide et jamais mélangée à autre chose que de l’eau.
  6. Sécher soigneusement la surface, avec un chiffon sec puis en laissant la pièce aérée plusieurs heures.
  7. Jeter éponges et lavettes dans un sac fermé, laver les vêtements, se laver les mains.

À éviter

Peindre directement sur une tache de moisissure, ou la masquer avec une peinture « anti-humidité » sans avoir séché le mur. La tache ressort, souvent plus large, et le champignon continue de se développer sous le film. Nettoyer, sécher, attendre plusieurs jours sans réapparition, puis seulement repeindre.

Selon le support

Support Ce qui marche Limite
Carrelage, faïence, émail Détergent, rinçage, Javel diluée Les joints poreux retiennent le champignon en profondeur
Joints silicone de douche Nettoyage de surface Des points noirs incrustés imposent souvent de refaire le joint
Peinture lessivable Détergent doux, rinçage, séchage La Javel peut marquer une peinture teintée
Plâtre nu, papier peint, placo Nettoyage prudent en surface Matériaux poreux : au-delà d’une petite tache, dépose et remplacement
Textiles, rideaux Lavage en machine au programme adapté Un matelas ou un canapé contaminé en profondeur se remplace
Marbre, pierre calcaire Détergent à pH neutre, rinçage Javel et produits acides à proscrire

Pour les supports où l’eau de Javel n’est pas adaptée, il existe des produits fongicides autorisés ; leur étiquette doit mentionner une norme d’efficacité fongicide, comme la NF EN 13697 ou la NF EN 1650. Notre guide pour choisir un désinfectant d’après son étiquette explique où trouver ces mentions.

Traiter la cause, sinon rien ne tient

Un nettoyage bien fait donne un mur propre pendant quelques semaines. Si la moisissure revient au même endroit, c’est que la cause est toujours là. L’ANSES recommande de maintenir l’humidité relative intérieure entre 40 et 60 %, pour une température de 18 à 22 °C. Un hygromètre bon marché posé dans la chambre suffit pour savoir où vous en êtes.

Fenêtre ouverte sur des arbres pour renouveler l'air d'une pièce
Photo : Annie Spratt / Unsplash

Les gestes du quotidien

  • Aérer tous les jours. L’ARS conseille d’ouvrir grand les fenêtres de chaque pièce au moins dix minutes par jour, plusieurs fois si possible, y compris l’hiver.
  • Laisser la porte de la salle de bains ouverte et la fenêtre entrebâillée après la douche, ou faire tourner l’extraction.
  • Ne jamais boucher les grilles d’aération ni les entrées d’air des fenêtres, même pour lutter contre le froid.
  • Nettoyer les bouches de VMC, où la poussière s’accumule et réduit le débit.
  • Faire sécher le linge dehors ou dans une pièce aérée, couvrir les casseroles, mettre la hotte en marche.
  • Décoller de quelques centimètres les meubles plaqués contre un mur extérieur.

Si les taches persistent malgré ces gestes, le problème relève du bâti : infiltration, fuite, isolation, ventilation sous-dimensionnée. Un nettoyage, même professionnel, n’y changera rien tant que les travaux ne sont pas faits.

Bailleur ou locataire : qui doit agir ?

En location, la réponse dépend de l’origine de l’humidité. Le propriétaire doit fournir un logement décent. Selon service-public.fr, les dispositifs d’ouverture et de ventilation doivent être en bon état et permettre un renouvellement de l’air et une évacuation de l’humidité adaptés à une occupation normale, et le logement doit être protégé contre les infiltrations d’eau. Le locataire, lui, doit utiliser normalement le logement et en assurer l’entretien courant, ce qui inclut aérer et ne pas obstruer les entrées d’air.

Côté réglementation

Si le logement n’est pas décent, service-public.fr indique que le locataire doit d’abord en informer le propriétaire par lettre recommandée avec avis de réception. Il peut s’appuyer sur la plateforme Signal Logement, solliciter une conciliation gratuite devant la commission départementale, puis saisir le juge des contentieux de la protection si rien ne se passe dans les deux mois. En aucun cas il ne doit cesser de payer son loyer.

Photographiez les taches avec une date, notez le taux d’humidité relevé, conservez les échanges : ces éléments servent autant pour discuter avec le bailleur que pour une déclaration de sinistre en cas de dégât des eaux. En copropriété, une infiltration par la façade ou la toiture relève en principe des parties communes et donc du syndic.

Et après le nettoyage ?

Une fois la cause réglée et les surfaces nettoyées, une désinfection plus large de la pièce n’est pas toujours nécessaire. Nous expliquons ce qui distingue un nettoyage d’une désinfection, et quand la seconde se justifie vraiment, dans notre article sur les différences entre nettoyer et désinfecter. Si les moisissures s’accompagnent d’un épisode de maladie dans le foyer, les priorités changent : voyez nos conseils pour désinfecter son logement après une maladie.

Pour une surface moyenne, un logement à remettre en état entre deux locataires ou une intervention après séchage d’un dégât des eaux, notre équipe peut prendre en charge le nettoyage et la désinfection de votre logement à Nice, une fois la cause identifiée. D’autres guides pratiques figurent dans la rubrique Hygiène & désinfection.

Questions fréquentes

L’eau de Javel tue-t-elle les moisissures sur un mur ?

Diluée dans de l’eau froide, elle peut compléter un nettoyage sur une surface lisse et non poreuse, comme le carrelage ou l’émail. Sur du plâtre, un joint ou du papier peint, elle décolore sans atteindre ce qui a pénétré le matériau. Elle ne règle jamais la cause : si l’humidité reste, la tache revient en quelques semaines.

À partir de quelle surface faut-il appeler un professionnel ?

L’ANSES distingue trois niveaux par pièce. Moins de 0,2 m², soit à peu près trois feuilles A4, l’occupant peut nettoyer lui-même, sauf s’il est fragile. De 0,2 à 3 m², l’intervention d’un professionnel est recommandée. Au-delà de 3 m², la contamination est forte et constitue un critère d’insalubrité.

Qui paie le traitement des moisissures en location ?

Cela dépend de la cause. Si l’humidité vient du bâti, infiltration, ventilation défaillante ou isolation insuffisante, c’est au propriétaire d’agir, car le logement doit être décent. Si elle vient d’un usage anormal, comme des grilles d’aération bouchées ou un séchage de linge permanent sans aérer, le locataire peut être tenu responsable.

Un déshumidificateur suffit-il contre les moisissures ?

Il aide à faire baisser l’humidité d’une pièce, surtout l’hiver dans une chambre peu chauffée, mais il ne remplace ni l’aération quotidienne ni la réparation d’une fuite ou d’une VMC en panne. Visez une humidité relative comprise entre 40 et 60 %, la plage citée par l’ANSES, et contrôlez-la avec un hygromètre.

Sources

  1. ANSES, Avis et rapport relatif aux moisissures dans le bâti, 2016. lien
  2. ANSES, Opinion on mould in buildings (texte de l’avis), 2016. lien
  3. ARS Auvergne-Rhône-Alpes, Moisissures dans le logement : comment agir ? lien
  4. Service-public.fr, Logement décent : quelles sont les obligations du propriétaire ? lien

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